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La polémique autour de la nomination du ministre de l’intérieur: Ce qu’il faut savoir

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Qui est le nouveau Ministre M.Hichem Fourati? Détenteur: – Une licence en droit de la faculté des droits de Tunis. – Un diplôme de fin d’études supérieures de l’Ecole Nationale d’Administration. Poste occupé: – Depuis 1996 le poste de conseiller des services publics au ministère de l’intérieur. – Chef de cabinet du ministre de l’intérieur depuis février 2015. – Nommé en février 2011 gouverneur de Monastir. – Occupait en 2008 le poste de gouverneur de Zaghouan. En voyant un tel parcours on pense que rares seront les voix qui s’opposeraient contre un tel profil à la tête du ministère de l’intérieur. Non pas pour ses beaux yeux mais avec un regard objectif on arrive à voir qu’il n’est pas parachuté sur cette administration d’une importance vitale pour la stabilité du pays. La crise continue au sein de la vie politique où les tiraillements et les intérêts partisans dominent. Ce qu’on constate depuis l’annonce de la nomination du Ministre de l’intérieur par le Chef du gouvernement. Beaucoup de versions et d’interprétation gravitent autour de cette nomination. Youssef Chahed a snobé à Carthage ou pas? Si le Chef du gouvernement affirme avoir consulté au préalable le président de la république M.Béji Caied Essebsi, le porte-parole du parti Nidaa tounes et le conseiller à la présidence M.Noureddine Ben Ticha ne sont pas du même avis. Pour sa part, le porte-parole de Nidaa Tounes, Monji Harbaoui, a déclaré que le chef du gouvernement a nommé le nouveau ministre de l’Intérieur sans informer le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Selon M.Noureddine Ben Ticha, Youssef Chahed n’aurait qu’informé le président non pas consulté. L’information fut confirmée par Mme Saida Garrache, dans un post publié ce jeudi 26 juillet 2018, sur sa page officielle Facebook, la porte-parole de la présidence de la République, Saida Garrach a affirmé que le chef du gouvernement Youssef Chahed a bel et bien informé le président de la République Béji Caïd Essebsi sur la nomination du nouveau ministre de L’Intérieur, Hichem Fourati. Seulement informé et non consulté? Que dit la Constitution à ce sujet? Constitutionnellement, le chef du gouvernement est dans son plein droit de ne pas “consulter” le président de la République. En se basant sur l’article 89, seulement les deux Ministères des Affaires étrangères et de la Défense doivent faire l’objet de “consultations” entre le président de la République et le chef du gouvernement. Toutefois, Youssef Chahed aurait dû, même si c’est par complaisance se concerter avec le président Béji Caid Essebsi sur le choix du nouveau ministre, afin d’avoir une meilleure harmonie au sein de l’exécutif. Le passage du Ministre de l’intérieur au parlement un test pour Chahed? Lors du dernier passage médiatique du président BCE qui a appelé le chef du gouvernement soit à “démissionner, soit à solliciter, de nouveau, le vote de confiance du parlement”. Youssef Chahed semble aujourd’hui avoir pris conscience qu’il doit jouer cavalier seul sans le soutien de son parti Nidaa Tounes, ni de la présidence de la République. Si Hichem Fourati obtient la confiance du parlement, ce sera une victoire partielle pour le chef du gouvernement qui le confortera quelque peu dans sa position. Si à l’inverse, sa nomination est rejetée par un vote défavorable, ce sera un désaveu qui le fragilisera. Qu’en est-t-il des parlementaires? Le porte-parole de Nidaa Tounes, Mongi Harbaoui a assuré que le chef du gouvernement n’a ni informé ni consulté Nidaa Tounes ni sa direction ni son bloc parlementaire non plus. Les députés de Nidaa tounes donneront-t-ils leurs voix au Ministre de l’intérieur? Où seront-ils divisés en deux blocs sachant que les derniers évènements ont montré une certaine turbulence au sein du bloc parlementaire de Nidaa tounes. L’alliance sacrilège ou l’alliance non idéologique ? Du côté du parti du Cheikh Rached, le soutien a déjà été réaffirmé le vendredi 20 juillet 2018 à la suite de la réunion de l’Accord de Carthage 2 afin de discuter de l’avenir de Youssef Chahed à la tête du gouvernement. Cela nous fait rappeler sans doute une page importante de l’histoire lorsque François 1er Roi de France se trouve pris en otage en Espagne par ses frères dans la foi catholique, mais trouve l’aide et le soutien du Sultan Ottoman Soliman. Sachant qu’Ennahdha est pour le maintien du chef du gouvernement et pour un remaniement ministériel. Peut-on dire que Chahed a donné à Ennahdha ce qu’elle voulait? Même si à l’origine M.Youssef Chahed est un enfant de Nidaa Tounes qui l’avait abandonné et appelé à son départ ouvertement lors des négociations autour de Carthage 2, aujourd’hui il ne jouit que du grand soutien d’Ennahdha. On peut déjà avoir une idée sur le vote du bloc parlementaire d’Ennahdha pour le nouveau Ministre de l’intérieur. C’est au Bardo que les cartes vont être jouées et une redistribution des influences de la scène politique verra le jour à la suite de la séance plénière qui se tiendra le samedi 28 juillet 2018 où les députés voteront pour accorder leur confiance ou pas au nouveau ministre de l’Intérieur.

 

 

Ghydaa Thabet

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