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Point de presse du Centre International Hédi Nouira de Prospective et d’Etudes sur le Développement (CIPED)

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Nous publions ci-dessous l’intégralité de la Conférence de presse tenue par le Comité directeur du Centre International ‘Hédi Nouira’ de Prospective et d’Etudes sur le Développement (CIPED), sous la présidence de son président M. Taoufik Baccar, vu l’importance des éléments évoqués lors de cette conférence de presse.

« Le CIPED vient d’organiser à son siège au centre urbain nord, un point de presse en présence du Comité directeur du Centre et des principaux membres de son conseil scientifique.

Dans son résumé des principaux travaux réalisés par le Centre depuis sa création, il y a deux ans, Taoufik Baccar Président du centre a cité en particulier la publication d’un livre en mars 2017 sous le titre « Éléments de stratégie de sortie de crise», deux numéros de son bulletin semestriel « Les cahiers du CIPED » et une contribution transmise à la présidence de la République en Juin 2018 comportant un projet de programme de redressement économique et social, outre les communiqués du Centre publiés à l’occasion des événements économiques et financiers importants ( élaboration des lois de finances, visites en Tunisie, des missions du FMI et des agences de notation, etc. ) et dans lesquels il exprime ses positions .
Evoquant l’impact des travaux du Centre, le Président a précisé que le Centre a été le précurseur en matière de stratégie de sortie de crise et a déjà proposé sa vision à cet effet, qu’il était également, le premier à avoir alerté les autorités sur les risques de classement de la Tunisie sur la liste des pays à défaillances stratégiques en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme et à proposer une stratégie plus agressive de diplomatie économique.
Par ailleurs, le CIPED ,convaincu du rôle du secteur privé dans le redressement de la situation du pays ,a récemment soutenu la création de la première agence locale de notation et contribué activement à sa mise en place .Il vient par ailleurs de finaliser une seconde initiative relative à la mise en place d’une norme de certification en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme qu’il s’apprête à décliner après le dépôt de ce nouveau référentiel auprès des structures concernées en Tunisie et à l’étranger. Le CIPED considère que par de telles initiatives le pays pourra reprendre la main au niveau de la région et rattraper un tant soit peu le retard pris ces dernières années en particulier dans le domaine financier et bancaire.
En ce qui concerne la Stratégie de sortie de crise, le rapport élaboré à cet effet propose cinq mesures à court terme pour arrêter l’hémorragie, six réformes à mettre en œuvre d’urgence et un programme social d’accompagnement.
Les mesures de court terme concernent :
– l’adaptation du modèle de développement en vue d’un meilleur équilibre et d’une meilleure intégration sociale et le rétablissement de la confiance des opérateurs économiques ;
– Le développement des exportations et l’amélioration du niveau des réserves en devises sans recours supplémentaire à l’endettement ;
-La réduction de la pression sur le taux de change du dinar en adoptant un corridor autour du cours central à l’instar de l’expérience du SME qu’a connu l’Europe auparavant ;
-La maîtrise de la dette en adoptant la règle d’or et en créant l’agence Tunisie-Trésor et s’interdisant le recours à la dette pour financer des dépenses de fonctionnement ou pour couvrir des déficits.
-La restauration de l’image du pays à l’extérieur par une stratégie adaptée de « marketing country » et par la reconquête progressive de la notation souveraine du pays.

Présentant les réformes, le président en évoquera six au total :
– La réhabilitation des questions économiques par la création d’un conseil consultatif à compétence essentiellement technique et économique composé des partenaires sociaux, de l’Administration ,des opérateurs économiques et financiers et de la société civile dont l’objectif serait de soutenir le gouvernement et l’ARP dans l’étude des réformes et des programmes et des projets de lois, a l’instar de l’ancien Conseil Economique et Social, outre le réexamen du mandat de la BCT et du procédé de nomination du gouverneur et des membres du Conseil, le renforcement de la fonction de suivi des grands équilibres au niveau du ministère du Développement et l’affectation du budget d’investissement à ce ministère pour que ce budget cesse de servir de variable résiduelle et de solde du budget de l’Etat.
– concernant les cinq autres réformes jugées indispensables, (réforme des régimes de retraite, réforme de l’Administration et des entreprises publiques, réforme fiscale, réforme de la compensation et réforme des banques, en particulier les banques publiques) des propositions concrètes sont avancées dans le rapport élaboré par le Centre.
Le Président du Centre a précisé à cet effet que l’ajustement dont l’économie du pays a besoin ne peut s’en tenir aux seules mesures monétaires ou de change et que sans les réformes du secteur réel, l’économie ne pourra pas redémarrer. Il a souligné en outre, que pour les entreprises publiques, le CIPED propose la création d’un fonds de restructuration dans lequel seront déposées les ressources de privatisation, lesquelles serviront uniquement à financer les opérations d’assainissement des entreprises appelées à rester dans le secteur public. Enfin concernant l’Administration il insistera sur la nécessité de renforcer le choix fait des l’indépendance pour une Administration de carrière au caractère Républicain à l’abris des considérations politiques, le pays ne pouvant se permettre à l’heure actuelle le choix d’une Administration de dépouilles .

Parlant des délais requis pour sauver l’économie du pays, le Président du CIPED a rappelé qu’en 1986, la Tunisie a mis 6 ans pour sortir de la crise alors que la Grèce vient juste de se soustraire du joug des bailleurs de fonds (UE, FMI, BCE.) après huit années d’ajustement économique ,financier et social à la fois étant précisé que la situation financière de ce pays n’est pas encore totalement assainie avec une dette encore très élevée.

Le CIPED considère que la mise en œuvre de ce programme exige des préalables politiques et sociaux et nécessite des sacrifices de la part de tous, c’est pourquoi il devra être accompagné par un ambitieux programme social à l’instar de celui mis en place en 1986( PNAFN, Fond d’insertion et d’adaptation professionnelle ….).Le CIPED insiste toutefois sur le fait que c’est la seule voie passante si le pays veut se donner les moyens de se redresser ,s’affranchir des mesures décidées de l’extérieur du pays et préserver sa souveraineté mise à mal ces dernières années par une situation économique et financière en dégradation continue »

 

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