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Le journal français « Libération » revient sur l’immolation de Abderrazak Zorgui à Kasserine

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L’affaire de l’immolation du correspondant et cameraman de la Chaîne Telvza TV, Abderrazak Zorgui, le 24 Décembre dernier dans la région de Kasserine, a été le sujet d’un article publié sur le quotidien français « Libération« , rédigé par le Directeur de recherche de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) Jean-Yves Moisseron, et le Professeur à l’IPAG Business School, Khaled Guesmi.

Selon Libération, la victime aurait voulu réveiller les consciences et protester contre la condition des ‘laissés-pour-compte‘ de la révolution, et ce, par le sacrifice de sa vie.

Les rédacteurs ont voulu donner un sens au suicide par le feu du tunisien, un geste selon eux lourd signification, car ce n’est plus un vendeur de rue, ou un étudiant au chômage, ou encore un candidat à l’exil qui commet l’irréparable, mais un journaliste, et les journalistes ne sont pas a priori les plus démunis.

Libération a publié le texte du dernier message du journaliste, avant de se donner la mort (traduit) :

«A tous les chômeurs de Kasserine, qui n’ont pas de ressources et qui n’ont rien à manger
Lorsque l’on veut manifester, on nous répond : « terrorisme ».
On descend dans la rue pour demander du travail, on nous rétorque, « le terrorisme ».
On nous dit : « tais-toi et meurs de faim. »
Aux chômeurs de Kasserine
Je vais aujourd’hui faire une révolution tout seul.
Bienvenue à celui qui veut me rejoindre.
Je vais m’immoler par le feu.
Si quelqu’un trouve un travail, alors mon geste n’aura pas été inutile.
Depuis huit ans, on nous a fait des promesses mais tout cela est un mensonge.
En ce qui me concerne, je ne suis d’aucun parti politique.
Vous oubliez les chômeurs et vous embauchez ceux qui ont des ressources.
Il y a des gens qui n’ont rien.
Il y a des régions marginalisées.
Il y a des gens vivants mais qui sont morts de fait.
Les gens, ici, à Kasserine, ignorent le nom du Président, ignorent le nom du gouverneur, ignorent le nom du responsable local.
Pourquoi devrais-je attendre jusqu’à janvier, février ou jusqu’à mars ?
Dans vingt minutes, je vais m’immoler avec de l’essence.
En espérant que l’Etat s’intéressera à Kasserine.
A Kasserine, les gens sont pauvres et marginalisés.
On a demandé du travail,
on n’a rien eu.
On a eu le terrorisme.
Tous les jours, la même rengaine : « le terrorisme, le terrorisme, le terrorisme ». Pourquoi ?
Ne sommes-nous pas des êtres humains comme vous ?
Un ministre est payé 30 millions, et un habitant de Kasserine demande à sa mère 50 centimes pour prendre un café. Il passe sa journée au café. Donnez-nous du travail, et on travaillera.
Venez à la Place des martyrs.
Il reste vingt minutes.
Descendez dans la rue, cassez, brûlez. L’Etat nous ignore.
J’ai envoyé mon message.
Avec l’essence, je vais m’immoler.
Salam.»

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