Accueil Politique Les Révolutions populaires aux temps Néolibéraux : Succès, Échecs et Alternatives

Les Révolutions populaires aux temps Néolibéraux : Succès, Échecs et Alternatives

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A l’occasion de la commémoration du 8e anniversaire de la Révolution Tunisienne (17-10-2010 / 14-01-2011), le FTDES et la fondation Friedrich-Ebert organisent conjointement  un séminaire sur le thème : « Les Révolutions populaires aux temps Néolibéraux : Succès, Echecs et Alternatives », le vendredi 18 Janvier 2019, à l’hôtel Majestic, à partir du 9h00 du matin.

Programme

08.30 – 09.00 : Acceuil et Enregistrement des participants

09.00 – 09.15 : Mots de Bienvenue du FTDES

09.15 – 09.30 : Mots de Bienvenue de Friedrich Ebert

09.30 – 10.00 : Chokri Mabkhout – La Révolution Tunisienne : Rupture et Continuité

10.00 – 10.30 : Habib Ayeb – Acteurs de la révolution, Oubliés de la révolution

10.30 – 10.45 : Pause Café

10.45 – 11.15 : Asef Bayat – Le printemps arabe : Révolutions aux temps néolibéraux

11.15 – 11.45 : Messaoud Romdhani – Le soulèvement du peuple Tunisien: des protestations et l’absence de projets politiques

11.45 – 13.00 : Discussion

Proposition de communication. Séminaire FTDES. 18 Janvier 2019

Habib Ayeb, géographe et réalisateur  OSAE

Acteurs de la révolution…, Oubliés de la révolution…

Huit années après la chute de la dictature, à la suite d’un long et complexe processus révolutionnaire né dans les régions les plus marginalisées et les plus dépossédées du pays (les zones rurales, les régions frontalières, le grand « Sud », les quartiers populaires des grandes villes…), on est en droit de se poser les questions suivantes : 1) Mais où sont donc passés les premiers acteurs de la révolutions que les ouvriers des mines, les paysans de Sidi Bouzid et d’ailleurs, les jeunes chômeurs ? 2) Ou sont passées les revendications principales de ses acteurs et de l’ensemble des milliers de manifestant.e.s qui ont occupé les rues entre le 17 décembre et la 14 janvier : le pain, la justice sociale et la dignité ? 3) Sommes nous incapables d’imaginer des alternatives politiques, économiques, sociales et écologiques, ou sommes nous devenu.e.s complètement sourd.e.s aux différents signaux d’alarmes et cris de détresse ??

Ma communication tentera d’avancer quelques réponses à ces diverses questions pour alimenter le débat que certain.e.s ne veulent pas voir se développer. Pour se faire, je concentrerai ma réflexion sur quelques points précis qui me semblent particulièrement importants :

– Les questions paysannes et leurs relations avec la révolution (oubliés, inaudibles, invisibles)

– L’autre Mohamed Bouazizi

– Penser la Souveraineté alimentaire pour répondre –partiellement- aux attentes des plus exclu.e.s et invisibilisé.e.s

– Quelles alternatives concrètes ? Quelques pistes de réflexions.

Chokri Mabkhout, Ecrivain, Ancien Doyen de la Faculté de Manouba

La Révolution Tunisienne : Rupture et Continuité

La Notion de la révolution dans l’imaginaire social en général, et même dans les perceptions théoriques a toujours été associée à la rupture avec le système politique en place.

Les slogans scandés au cours de la  révolution tunisienne, tournant autour du droit au travail, la liberté et la dignité nationale, synthétisent l’objectif et le programme de la révolution dans une formule générale sujette à plusieurs interprétations.

Cependant, la rupture ne s’est concrétisée en réalité que partiellement, essentiellement en ce qui concerne la structure politique, ce qui a suscité un sentiment de déception d’une part et confirmé l’existence d’une forme de continuité dans différents domaines d’autre part.

Sommes-nous devant une impasse du processus révolutionnaire ou devant  l’absence de « vraies » forces révolutionnaires ? Est-ce le retour de la contre révolution et de l’ancien régime?

Cette intervention ne traite pas ces questions directement, mais le conférencier a choisi une méthode qui relie l’histoire du slogan : « Le peuple veut faire tomber le régime » à l’histoire de la Tunisie contemporaine et à ses changements fondamentaux afin d’appréhender le lien entre la  dimension culturelle  avec les promesses « en standby » de la révolution et pour mettre en exergue les explications de la forme de la continuité.

La révolution n’est pas seulement un acte spontané déclenché volontairement. C’est un processus soumis à des conditions historiques oscillant  entre le possible et l’impossible

Asef Bayat, Ecrivain et penseur

Le printemps arabe : Révolutions aux temps néolibéraux

La remontée des soulèvements dans le monde arabe a donné lieu à un optimisme sans précédent face à la démocratie et le développement dans le monde arabe. Mais cela a très rapidement été suivi d’un fort sentiment de pessimisme et de désespoir en observant l’évolution de ces soulèvements populaires. Pourquoi les révolutions arabes ont-elles vécu une telle expérience? Comment expliquer la nature des révolutions dans le monde arabe? Pour comprendre les expériences des révolutions arabes, nous devons les analyser d’une perspective historique. Je suppose que les évènements en Tunisie, en Égypte ou au Yémen en 2011 n’étaient pas des révolutions radicales au même sens que les révolutions radicales du 20e siècle, comme ceux en Iran ou au Nicaragua en 1979. Les évènements survenus en Tunisie, en Égypte ou au Yémen étaient des « solutions réformatrices », ce qui implique plutôt des mouvements de révolution pour forcer les régimes à se reformer. Ces révolutions, comme en Égypte ou en Tunisie, ont bénéficié de résultats plus ou moins ordonnés, pacifiques et pluralistes; elles ont ouvert la voie pour des initiatives locales. Cependant, ces mouvements ont créé peu de changements réels au niveau structurel, notamment au niveau économique, et demeurent vulnérables aux procédures contre les révolutions. Les défis clés à présent, pour le cas de la Tunisie, sont d’approfondir la transition démocratique et convoquer la voie pour une justice sociale, tout en conservant la sécurité du pays des menaces et interventions externes.

MESSAOUD ROMDHANI, Président du FTDES

Le soulèvement du peuple Tunisien: des protestations et l’absence de projets politiques

Le commencement:

Les nouveaux mouvements sociaux qu’a connus la région du Maghreb ont émergés par des initiatives citoyennes, indépendamment des parties politiques et des motifs idéologiques.  L’ampleur de ces mouvements et leurs stratégies innovatrices de résistance ont surpris les régimes en place qui ont cru que la stabilité est garantie non seulement grâce aux approches sécuritaires et au contrôle de la vie publique mais aussi grâce aux désaccords entre les élites politiques et les dirigeants syndicaux et la société civile alimentés par les conflits intérieurs et la répression de leurs activités de mobilisation par le gouvernement.

Je crois que les groupes associés aux mouvements syndicaux et de droits dans la région du Maghreb ont réussi à combler cette lacune à travers leur participation aux forums sociaux mondiaux.

Ces forums sont un point de rencontre et d’échange entre les mouvements sociaux et les mouvements contre le modèle néolibéral de globalisation. Ces forums ont aussi permis à ces groupes de comprendre et de s’adapter à ces nouvelles formes de mouvement et de tisser des réseaux entre eux.

Est-ce que le soulèvement du peuple Tunisien était une révolution ou un mouvement social révolutionnaire ?

Quels sont les impacts de l’absence d’un projet politique sur le processus de transition en cours ?

 

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