Accueil Societé santé Communiqué à propos de la campagne nationale de généralisation de la vaccination contre la rougeole

Communiqué à propos de la campagne nationale de généralisation de la vaccination contre la rougeole

0
0

Suite à  l’épidémie de rougeole qui s’est étendue à la plupart des régions du pays  et qui a entraîné au moins 28 décès selon les derniers chiffres officiels du Ministère de la santé.

Et suite au communiqué du Ministère de la santé du 10 avril 2019 annonçant « une campagne nationale visant à généraliser la vaccination anti rougeoleuse aux nourrissons âgés entre 6 et 11 mois dans les centres de santé de base …à continuer la vaccination anti rougeoleuse conformément au calendrier vaccinal national, à vacciner l’entourage des personnes atteintes et à prendre les mesures curatives et préventives que nécessitent les situations particulières ».

Les associations signataires

1 Rappellent que la rougeole est une maladie qui peut être grave et entraîner des complications parfois mortelles malgré une prise en charge adaptée, ainsi que des séquelles et des handicaps. Elles rappellent également que la maladie est très contagieuse, que la vaccination est le seul moyen de prévenir la maladie et que la généralisation de la vaccination avec un taux de couverture vaccinale supérieur à 95% dans toutes les régions et les localités permet de mettre un terme à l’extension de la maladie et d’éviter les décès et les handicaps qui en résultent.

2 Appellent vivement les parents à vacciner rapidement leurs nourrissons âgés de 6 mois à 1an contre la rougeole, à compléter la vaccination des enfants en retard ou non vaccinés et à respecter les règles de sécurité dans les contacts avec les personnes malades.

3 Appellent les organisations de la société civile et les médias à participer activement à cette campagne nationale en organisant des programmes et des activités variées visant à informer les citoyens de manière et objective et précise et à les encourager à vacciner leurs enfants.

4 Appellent le Ministère de la santé à prendre toutes les mesures nécessaires pour généraliser la campagne de vaccination à toutes les régions du pays :

-en étendant cette campagne à tous les centres de santé de base qui ont une activité ordinaire de vaccination, ainsi qu’aux points de rassemblement qui se trouvent dans les zones rurales.

-en procédant à une campagne active de rattrapage des enfants non vaccinés ou en retard de vaccination analogue aux campagnes qui avaient lieu dans le passé à l’occasion de la semaine maghrébine de vaccination.

-en renforçant le contrôle de la chaîne du froid dans toutes les régions du pays pour préserver la qualité et l’efficacité du vaccin.

-en renforçant les moyens logistiques et humains des directions régionales de la santé et des circonscriptions sanitaires

-en accordant de manière urgente des moyens et des personnels supplémentaires aux services accueillant les cas graves de rougeole, afin qu’ils puissent assurer leurs activités conformément aux recommandations scientifiques.

-en assurant la participation des médecins et des pharmaciens du secteur privé à cette campagne tout en veillant au respect de la chaîne du froid part tous les intervenants.

5 Appellent le Ministère de la santé  à assurer une transparence totale et à publier selon une périodicité hebdomadaire au moins, toutes les données concernant cette épidémie au niveau national et au niveau régional, à l’instar du bulletin hebdomadaire publié par la sous-direction des soins de santé de base de la direction régionale de la santé de Kasserine qui contient des données précises et détaillées sur les cas de rougeole enregistrés dans les différentes localités de ce gouvernorat.

6 Estiment que le Ministère de la santé est redevable de l’inefficacité de la politique suivie pour lutter contre la rougeole et doit rendre des comptes. Elles demandent une enquête objective et approfondie sur les défaillances qui ont caractérisé la politique vaccinale, ainsi que la gestion de cette épidémie et les décès et  handicaps qu’elle a entraînés. Cette enquête doit répondre aux questions suivantes :

-après l’apparition de la rougeole dans plusieurs pays à la fin de l’année 2017 et son extension rapide en dans de nombreux pays, dont l’Algérie à partir de mars 2018, est-ce que le Ministère de la santé a préparé un plan de mesures visant à éviter l’apparition de la maladie et à intervenir rapidement en cas de problème ?

-pourquoi ce retard dans les mesures de généralisation de la vaccination aux nourrissons et aux campagnes de rattrapage, alors que le nombre de cas a augmenté de manière importante à Kasserine dès la deuxième semaine de janvier 2019 et que la maladie a pris un tour épidémique ?

-quel crédit peut-on accorder aux chiffres officiels de couverture de la vaccination anti rougeoleuse de 98% pour la première dose et de 97% pour la deuxième dose, alors que l’épidémie actuelle de rougeole a montré que ces chiffres ne correspondent à aucune réalité et qu’ils sont basés sur un système d’information défectueux ?

7 L’épidémie de rougeole, ainsi que les décès et les handicaps qu’elle a causé illustre de la manière la plus claire l’importance de la première ligne publique (centres de santé base et hôpitaux de circonscription) pour assurer la sécurité sanitaire du pays. Quand on n’accorde pas les moyens nécessaires aux programmes préventifs pour faire les formations, les supervisions et le suivi nécessaires, quand les équipes régionales et les équipes sur le terrain ne disposent pas des moyens suffisants pour réaliser leur programme d’activités, quand on réduit en 2018 le budget de fonctionnement (hors salaires) des groupements de santé de base et de hôpitaux de circonscription, et qu’on continue en 2019 à ignorer les appels urgents à le revaloriser,  il n’est pas étonnant que de tels décès surviennent. Il faut mettre un terme à la marginalisation de la première et lui accorder le soutien nécessaire. Dans un premier temps, des mesures urgentes sont indispensables pour renforcer ses capacités d’intervention afin de lui permettre d’assurer la sécurité sanitaire du pays et fournir les services de soins essentiels aux citoyens.

L’Association Tunisienne de Défense du Droit à la Santé

Le secrétaire général : Dr Moncef BelHaj Yahia

L’Association Tunisienne de Défense du Secteur public de la Santé et du Droit de ses Usagers

Le président : Dr Jaouhar Mzid

L’Association Tunisienne de Défense des Droits de l’Enfant

Le président : Dr Moez Cherif.

 

Charger plus d'articles
Charger plus par Anouar Chennoufi
Charger plus dans santé

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Voir aussi

Le Syndicat des médecins du secteur privé mettent fin au contrat les liant à la CNAM

La coordination syndicale des professions médicales du secteur privé, a organisé une confé…