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Sfax, une autre étape du Festival National du Théâtre Tunisien

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C’est depuis le samedi 19 Octobre que le Festival National du Théâtre tunisien a fait escale à Sfax pour se poursuivre jusqu’au dimanche 27 du mois courant, avec un programme riche qui a été entamé dans l’après-midi par des spectacles de rue, entre la Troupe de Kerkennah (« Les Tabbals de Kerkennah »), le théâtre de rue et un autre musical.

Après quoi, une cérémonie d’hommage a été organisée au nouveau siège du Centre d’Arts dramatiques et Scéniques de Sfax à l’intention de l’homme de théâtre qui a longtemps donné au 4ème Art et fut directeur de ce Centre, Saber Hammi, de la célèbre comédienne qui a joué dans de nombreux feuilletons et autres pièces de théâtre, Nissaf Ben Hafsia, de l’artiste Amir Ayouni, et à titre posthume, du défunt artiste Mohamed Faouzi Rouached.

Et pour clore cette journée inaugurale de la fête du théâtre de Sfax, une pièce intitulée « Errizk Essaïeb » (« Le bien délaissé émietté »), écrite et mise en scène par Mounir Aloui et avec Sofiène Eddahech dans le rôle principal, accompagné de Sayda Hammi, Mokdad El-Maâzoun, Natija Azri, Sami Mezghanni, Zied Ghnaïnya et Haïfa Bouallègui, a été présentée devant un public venu en masse pour cette ouverture et que la salle du Centre n’a pu contenir.

Le lendemain de ce festival régional du théâtre, aujourd’hui dimanche 20 octobre, a été consacré à un séminaire intellectuel sur le thème « Réalité et horizons du théâtre tunisien : des troupes régionales aux Centres d’Arts dramatiques », en présence de quelques hommes (et une seule femme) de théâtre, de quelques directeurs de CADS nouvellement créés et de quelques invités, séminaire animé tour à tour par Kamel Allaoui, Mounir El Argui, Hamadi Louhaïbi et Sami Nasri, traitant de différents aspects historiques, techniques, logistiques, organisationnels, législatifs et futurs du théâtre national.

Si le premier intervenant a mis l’accent sur la situation du théâtre à partir des années 80 et la « régression » qu’il a enregistrée depuis en l’absence de textes de qualité, de celle de la diversité des genres, évoquant quelques expériences passées, Mounir El Argui qui l’a suivi a rappelé l’expérience de la Troupe de Théâtre de Sfax en 1964, ou celle de la Troupe municipale de théâtre de Tunis, sous la houlette d’Aly Ben Ayed, puis de feu Moncef Souissi (dont cette première session du Festival du Théâtre Tunisien porte le nom, rappelons-le) et sa contribution au lancement du Centre d’Arts dramatiques et Scéniques du Kef, celui-ci ayant donné une autre envergure au théâtre national par ses choix et ses adaptations d’œuvres occidentales (françaises ou européennes).

Puis naquit la Troupe de Gafsa et sa direction par Mohamed Raja Farhat, suivie des autres troupes régionales de théâtre qui, en ce temps-là, avaient traduit une forme de décentralisation malgré l’absence encore une fois de moyens, d’une salle de théâtre, la vraie, ou même d’un espace de représentation, autrement d’une logistique.

Une expérience qui a été, malgré sa remarquable réussite, « décapité » par deux fatales décisions, la création du « Théâtre National Tunisien » (le célèbre TNT) et la dissolution pure et simple de ces troupes régionales.

Argui a tenu à rappeler le parcours du CADS du Kef qui a vu la pratique de plusieurs activités en rapport avec les arts scéniques, malgré les difficultés rencontrées en ce temps-là, y compris la répression policière, mettant l’accent d’autre part sur l’importance de la formation théâtrale sous tous ses aspects et ses spécialités, proposant la création d’une Ecole de formation dans chaque Centre qui pourrait se faire en collaboration avec le ministère de la Formation professionnelle qui dispose d’in budget propre à la formation artistique, donnant par la même ce volet académique et scientifique aux professions théâtrales.

Tout cela ne peut se faire, selon M. Argui, qu’avec la promulgation d’un statut propre à la profession et des lois régissant les diverses activités du 4ème Art. Des législations qui n’attendent qu’une décision politique dans cette optique. Un avis partagé par tous ses collègues.

Quant à Hamadi Louhaïbi, il a traité de la réalité de ces Centres dans le présent vécu et les paris à relever, évoquant le rapport entre ce qui était appelé « Troupes régionales » et, aujourd’hui « CADS », les deux touchant au concept de décentralisation qui vise à « démembrer » l’autorité centrale pour donner le pouvoir et quelques prérogatives à ces régions. M. Louhaïbi proposant pour sa part la création d’un CADS là où le besoin se fait sentir et à la lumière d’un certain mouvement théâtral local vivace, si l’on tient compte des faibles budgets alloués à ces Centres et de la dispersion de ces contributions déjà insignifiantes, et pour cela, créer au niveau législatif une institution regroupant tous les CADS sous forme d’un EPNA (Etablissement Public à caractère Non Administratif).

Sami Nasri, directeur de ce Festival du Théâtre national, a rappelé les objectifs de ce nouveau-né qui est, en fait, l’héritier de la « Semaine du Théâtre tunisien », une manifestation qui a propulsé le théâtre national à un niveau fort respectable durant les années 70-80, donnant un aperçu sur les caractéristiques de cette nouvelle manifestation qui se veut un outil de promotion pour tous ceux qui s’activent autour de ce noble art de scène et surtout un moyen de développer le théâtre au niveau régional.

Suite à quoi le débat fut ouvert parmi les présents sur le sujet épineux de cette amère réalité du théâtre d’aujourd’hui, de ses tares et de la malheureuse absence de toute forme de législation qui garantirait l’avenir des différents acteurs du secteur et assurerait la pérennité de ses institutions.

Communiqué

 

 

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