Accueil Divers Polémique autour de l’huile d’olive et des dattes offertes par la Diplomatie Tunisienne aux parlementaires européens

Polémique autour de l’huile d’olive et des dattes offertes par la Diplomatie Tunisienne aux parlementaires européens

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L’opinion publique tunisienne continue à subir l’effet choc de l’intégration de la Tunisie, par le Parlement européen, à la liste noire des pays exposés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme. Une classification catastrophique qui aura de graves répercussions négatives sur l’économie nationale.

Néanmoins, il faut reconnaître que cette situation n’est pas due seulement à l’échec de la Banque Centrale de Tunisie comme certains veulent le lui mettre sur le dos, mais c’est également un échec politique et diplomatique par excellence, dont sont responsables plusieurs parties liées aux gouvernements successifs ainsi que les partis et acteurs politiques.

Nous reconnaissons que notre pays vit une sorte de pagaille globale, depuis la révolution du 14 Janvier 2011, sachant que des associations et des parties, soit du gouvernement ou d’ailleurs, injectent de l’argent à leurs groupes et à leurs fidèles par les voies les plus illégales possibles, des gens qui deviennent soudainement riches, et à des associations, partis politiques et activistes dont on n’a aucune idée sur l’origine ou la provenance de leur financement.

Ce qui à rendu vulnérable la Tunisie face au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme, même si nous connaissons certains pays qui ont directement soutenu le terrorisme et ont injecté l’argent et fournis les armes, aussi bien que les pays liés à la mafia internationale qui sont le théâtre des grands blanchiments internationaux de fonds et qui n’ont pas été classés dans cette la liste noire établie par le Parlement européen.

En réalité, le Parlement européen connaît techniquement, et preuves à l’appui, de nombreux pays face auxquels la Tunisie ne représente pratiquement rien dans le domaine des risques de financement du terrorisme et du blanchiment d’argent, mais politiquement il n’ose pas les classer dans cette liste à cause des grands intérêts politiques et économiques auxquels ils sont impliqués, et parce que ces pays vivent dans un état de cohésion interne du ‘Pouvoir’ et ont des lobbies « influents à l’étranger », ce qui leur permet de prendre des mesures pour affronter n’importe quelle réaction européenne, en plus de cela un certain nombre de ces pays jouent des rôles politiques régionaux d’influence et font que le Parlement européen se doit de réfléchir mille et une fois avant leur classification. C’est  donc un simple jeu d’intérêts dans lequel il n’y a pas de place pour les pays faibles et confus.

L’Union européenne a inscrit notre pays sur cette liste et n’a pris en compte aucune considération politique. Faire l’éloge de l’expérience tunisienne en tant qu’unique dans la région, est un discours de marketing lâche, des mots en l’air jetés par-ci et par-là dans l’arène des jeux politiques.

-Comment voulons-nous que ce Parlement européen puisse bien réfléchir tout en craignant politiquement la Tunisie alors que notre pays ne représente rien sur le plan politique ?

-Comment voulons-nous aussi que le Parlement européen puisse encore bien réfléchir avant de classer la Tunisie, au moment où les dirigeants des partis tunisiens font la queue devant les ambassades des pays européens accrédités à Tunis, en quête de soutien, de bénédiction, de satisfaction et d’obéissance ?

-Comment voulons-nous encore que le Parlement européen craigne politiquement notre pays alors que nous vivions dans un état de confusion et de chaos et d’instabilité politique ?

Bien évidemment que les parlementaires européens connaissent très bien la situation en Tunisie, une situation de faiblesse accompagnée de l’absence d’un Etat fort et homogène, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur, et c’est pour cette raison qu’ils nous ont ainsi classés, tout en sachant qu’il n’y a pas de mal à cela (de leur côté).

D’autre part, l’État tunisien savait déjà, et depuis plusieurs mois, que la Tunisie était menacée de se retrouver officiellement sur cette liste noire.

-Pourquoi donc les autorités tunisiennes n’ont-elles pas mobilisé l’opinion publique nationale et internationale ainsi que les ‘amis de la Tunisie’ (d’ailleurs nous devons nous poser la question : Qui sont-ils ?) pour empêcher le Parlement européen de nous mentionner sur cette liste?

-Pourquoi les autorités tunisiennes n’ont-elles pas pris des mesures techniques pour anticiper cette classification ?

-Pourquoi n’avons-nous pas fait pression et utilisé tous nos moyens pour défendre nos intérêts ?

-Pourquoi avons-nous commencé à réagir après que nous ayons été placés sur cette liste comme le dit si bien le dicton de chez-nous : “بعد ما اتخذ شرا مكحلة” ?

Est-il concevable que dans le monde des grands intérêts et réseaux de relations complexes, la Tunisie s’aventure en envoyant comme cadeaux de l’huile d’olive et des dattes aux parlementaires européens, à la place de ‘preuves à conviction’ de non culpabilité, pour tenter de les convaincre de ne pas classer la Tunisie sur cette liste noire !!!

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