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Madame Masmoudi n’est plus

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Photo de Madame Moufida Masmoudi

Mme Moufida Aloulou Masmoudi, créatrice de la prestigieuse enseigne de pâtisserie traditionnelle vient de tirer sa révérence après un long parcours professionnel jalonné de succès.

Son nom est gravé dans les annales de la pâtisserie tunisienne en tant que grande figure qui a réussi la difficile adéquation entre le savoir-faire traditionnel et les techniques modernes de fabrication et de gestion en matière de pâtisserie.

En signe de respect et de reconnaissance à sa grande passion, à la noblesse de son art qui a voyagé au-delà des frontières nationales, Tunivisions vous livre une interview parue en 2014 sur les pages de son magazine avec celle dont le nom est lié à nos joies et bonheur.

Madame Moufida Masmoudi, l’ambassadrice du terroir et de la pâtisserie tunisienne.

Tunivisons: Madame Moufida Masmoudi, derrière chaque success-story se cache une histoire, une anecdote, une initiative, etc. Que fût pour vous le point de départ pour fonder la toute première pâtisserie Masmoudi?

En fait je n’avais pas l’intention de fonder une pâtisserie. J’étais une simple femme au foyer qui avait hérité du savoir-faire ancestral de la région de Sfax, complété par l’expertise Tunisoise de la pâtissière particulière du palais du Bey de l’époque. Je passais mon temps libre à confectionner des pâtisseries chez moi, rien que pour le plaisir et pour la douce gourmandise de ma famille qui ne peut résister à mes confections. Jusqu’au jour où l’une de mes proches me rendit visite au moment où je confectionnais du ‘Mlabes’.

Elle m’a informé qu’elle allait partir en voyage en Lybie, je lui en ai donné une bonne quantité de Mlabes pour l’offrir à ses hôtes libyens. Ces derniers l’ont beaucoup apprécié, et petit à petit je fis déguster mes  créations pâtissières au voisinage.
 Depuis, de bouche à oreille, le raffinement, la qualité et les saveurs uniques de mon travail se firent connaître et apprécier, et se répandirent de Sfax à Tripoli. Pourtant, la préparation de pâtisserie à l’époque se limitait traditionnellement au cercle de la famille et ne faisait pas l’objet de commerce. Donc, finalement tout a commencé dans la cuisine de ma maison familiale en 1972.

Comment se définit exactement la griffe/marque de la maison Masmoudi, celle qui la distingue des autres pâtisseries? Quelles sont ses valeurs?

Tout d’abord, Ce qui distingue la marque de la maison Masmoudi des autres pâtisseries c’est le travail à la main, la bonne finition, le choix des matières premières, mon sens de la perfection et ma crainte qu’un seul de mes gourmets puisse trouver à redire sur mon travail, m’imposaient un rythme et une rigueur qui me mobilisaient pendant des heures, dans ma cuisine, de jour comme de nuit.
Très vite, mes chers enfants prirent naturellement le rôle de commis, d’aides pâtissiers, pour à la fois me soulager mais également en profiter pour passer du temps ensemble dans une ambiance familiale et enthousiaste sans pour autant manquer de rigueur.
Dès lors, notre famille s’est unie autour de valeurs simples et partagées qui sont devenues par la suite, les valeurs de notre entreprise.

Entre l’art traditionnel et les nouvelles tendances pâtissière, où se situent vos confections? Comment faites-vous pour répondre aux besoins d’un consommateur tunisien devenu de plus en plus exigeant?

On tient toujours à garder l’attrait traditionnel tout en s’adaptant aux nouvelles tendances pâtissières. D’ailleurs notre entreprise a connu une ascension remarquable grâce à l’adéquation entre le savoir-faire traditionnel et les techniques modernes de fabrication et de gestion.
Au fil des années on a préservé l’art traditionnel  en maintenant les saveurs des produits authentiques. On présentait à nos clients des pâtisseries fabriquées avec les fruits secs les plus raffinés, les meilleures pâtes, les saveurs les plus délicieuses et tout cela dans les usines les plus soignées et avec le matériel le plus propre.
C’est ainsi qu’on répond non seulement aux besoins du consommateur tunisien mais aussi à ceux du consommateur étranger qui sont devenus de plus en plus exigeants.

Justement, la marque Masmoudi s’est répandue dans toute la Tunisie et s’est même exportée à l’étranger. Parlez-nous de l’évolution de votre entreprise et des ingrédients de sa réussite ?

Etant bien emballées, avec un packaging luxueux et magnifiquement présentable, nos clients voyageurs prirent l’habitude d’emmener avec eux nos pâtisseries comme cadeau. De ce fait, on a senti qu’on devrait lancer des boutiques Masmoudi en France ainsi que dans l’espace Duty Free de l’aéroport de Tunis-Carthage.
On a aujourd’hui plus de « n » boutiques en Tunisie et « n » boutiques  en France. Parmi les facteurs importants qui ont participé à l’évolution de notre entreprise, la création du site web www.masmoudi.com à l’année 2000, à travers lequel on a reçu plein de commandes. Par ailleurs, ce qui contribue à notre réussite, c’est qu’on essaye toujours d’innover nos créations pâtissières et de créer plusieurs déclinaisons du même produit, offrant ainsi une variété de bijoux de pâtisseries faits à la main pour le grand bonheur de notre chère clientèle !

Quelles sont les pâtisseries tunisiennes les plus anciennes et les plus indémodables et pourquoi?

Le « kâak louze », la « Baklawa» aux fruits secs ainsi que la « Baklawa du Bey » avec ses couleurs blanc, vert et rouge et le « Mlabes » sont les pâtisseries tunisiennes les plus anciennes et les plus indémodables. C’est grâce à leur goût délicieux et irrésistible et au fait que nous les confectionnons avec plusieurs parfums et plusieurs déclinaisons tout en gardant leurs caractéristiques traditionnelles.

Pour conclure, Madame Masmoudi, avez-vous un message à partager avec nos chers lecteurs?

Et là elle répliqua les yeux brillant de joie:

Soyez toujours enthousiastes et souriants à ceux qui vous entourent et ne soyez pas avares en effort et en rigueur au travail. Par ailleurs, ne stressez pas, ne faites pas de vos soucis et problèmes une montagne, ce ne sont pas les situations que nous vivons qui sont stressantes mais l’idée que l’on veut bien s’en faire. A la difficulté succède toujours la facilité, tant qu’on reste optimistes bien sur.

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