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Expo en ligne « Rooms with a view, a confined portrait »

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Le confinement que nous vivons aujourd’hui est un moment historique. Paradoxalement, on associe en général le « moment historique » à une déviation nette du cours du temps, à un changement radical.

Et si le confinement que nous vivons a le potentiel de devenir une période de transition ou de basculement, cela aura été par la nécessité de l’enfermement et de l’immobilité. Ce paradoxe et cette impérieuse présence de 4 murs : Nous avons pensait qu’il était important en témoigner !

La Maison de l’Image vous propose une visite virtuelle et ce à compter du 7 mai 2020 et s’étalera jusqu’au 29 mai 2020 pour découvrir l’exposition collective « Rooms with a view, a confined portrait », une exposition photographique de grande envergure fruit d’une quête périlleuse,regroupant 25 artistes des 5 continents et qui a pour commissaire d’exposition Amine Landoulsi. De Milan à New York à et de Wuhan à Téhéran, tous d’où qu’ils soient, partageront avec vous leur vécu durant cette crise mondiale sans précédent!

Pour visiter l’exposition, rendez-vous sur notre site web : www.maisonimage.tn/expositions/

 

 

Annexes

Annexes 1

Les artistes

Artistes (ville de résidence durant le confinement – pays)

Adas Vasiliauskas (Vilnius – Lituanie), Alyssa Fujita Karoui (New York – USA),Amel Pain (Amman – Jordanie), Amr Alfiky (New York – USA), Arek Rataj (Wuhan – Chine), Burhan Ozbilici (Ankara – Turquie), Chanh VO (Tunis – Tunisie), Diego Bastos Cunha(Lisbone – Portugal), Elaine Li (Tokyo – Japan), Emilie Hallard (Barcelone -Espagne), Gianluigi Guercia (Cap Town- Afrique du Sud), Gianmarco Meraviglia (Milan – Italie), Golnaz Taheri (Téhéran – Iran), Jean Baptiste de Ville d’Avray (Lisbone – Portugal), Jeanne van Heerden (Jumeirah – Kowait),  Mahmoud Khaled (Dubaï – UAE), Matilde Gattoni(Barcelone – Espagne), Mattia Michelli (Florence – Italie), Mickael Szymanski (Santiago – Chili), Mohamed Farouk Batiche (Alger – Algérie), Newsha Tavakolian (Téhéran – Iran), Saumya Khandelwal(New Delhi – Inde), Skander Khlif (Munich – Allemagne), Thierry Bresillon (Tunis- Tunisie), Yassine Meddeb Hamrouni(Paris- France)

Annexe 2

La Maison de l’Image

La Maison de l’Image est une institution culturelle fédératrice de talents artistiques, liés à l’art visuel contemporain et implantée sur le Grand Tunis depuis 2014. Elle a tissé patiemment des liens entre la population et l’art visuel en organisant des rencontres culturelles, en créant des projets révélateurs de talents et en œuvrant continuellement à l’intégration des jeunes dans le monde professionnel. Moyennant son réseau de professionnels et organismes affiliés, la Maison de l’Image œuvre pour que les différences se rencontrent, le dialogue se noue et que le moment de l’ouvrage prend tout son sens pour chacun avec passion et engouement.

Annexe 3

Texte du curateur

« Muita merda for the exhibition »

20H20, j’ai essayé de me mettre en condition afin d’écrire ce texte. J’ai soupé, j’ai fait un call-vidéo professionnel, j’ai raconté une histoire à mon fils de trois ans pour qu’il s’endorme, j’ai puni ses aînés à se coucher tôt pour une futilité, j’ai écouté de la musique, j’ai embrassé ma femme, un café et j’ai cru que c’est bon je pouvais commencer.

Sur mon bureau dans la cuisine en face de moi une machine qui écrit. Sauf que rien ne se passait, pas une phrase, même pas un mot. Je m’efforçais à réconforter une centaine d’idées qui fusaient dans ma tête, de plusieurs sentiments qui me bousculaient l’âme, des discussions qui surgissaient et des souvenirs d’un passé adjacent.

Ce passé se résume à une quinzaine de jours, dès que la Maison de l’Image m’a confié le commissariat de l’exposition collective « Roomswith a view, à confined portrait », dès lors mon statut de photographe prenait de l’âge face au confinement, il m’a battu.

Je n’ai jamais cessé ma thérapie, contre tous les aléas de la vie, je me refugiais toujours vers mon appareil photo. En prenant des photographies qui parlaient de tout mais aussi de rien, ou bien en immersion dans mes archives, un sport que j’aime tant, car je reprenais de plus bel à chaque fois.

Sauf que l’odeur des produits désinfectants infligée à mon appareil photo, à chaque fois que je rompais mon confinement, pour des petites courses familiales, me répugnait, me révoltait et me dégoûtait pour enfin jeter l’éponge. A chaque sortie,je ne faisais que presser un bouton et loin de faire de la photographie. Le mal a vaincu,  je suis dépourvu et la peur prenait place dans mon futur.

Tout ce qui précédait et tout ce qui va suivre dans ce texte, ne pouvait se déclencher, si je n’avais pas reçu le dernier email de l’un des artistes, l’un des photographes, l’une des personnes, l’une des âmes qui a répondu à mon invitation.

24 heures du deadline, je l’ai contacté, j’ai usé de notre vieille connaissance. J’ai été presque sûr qu’il aurait accepté mon invitation, et il l’a fait. J’ai été presque sûr qu’il s’adapterait aux conditions impossibles, et il l‘a fait. Comme dans un chemin de croix, j’ai proposé aux photographes, une commande qui n’est pas dans leurs coutumes. Une commande de« soi », un autoportrait dans un environnement intime et personnelle surchargé de questionnements.

Le dernier email que j’ai reçu, synthétisa ma démarche de commissariat et la centaine de correspondances, tout moyen confondue (réseaux sociaux, Appels téléphonique et emails), avec les 25 photographes que vous découvriraient.

Elles et ils ont vécu le confinement. Qu’il soit partiel ou total, les photographes l’ont enduré exponentiellement. Leurs raisons d’être étant d’informer et de produire des images, afin que les peuples s’en servent comme une thérapie sociétale de groupe à l’encontre de ce fléau invisible. Mais surtout à archiver le présent par des preuves indiscutables.

Il s’avère que le COVID n’est photographiable à sa juste valeur, que si mort s’en suit. Si les chercheurs et les scientifiques du monde entier enduraient chaque seconde des deux mois passé afin de créer l’équation idéale du remède salvateur de l’humanité et si le corps médicale et paramédicale mondial ont démonté bravoure et courage pour ne citer qu’eux, car la liste des corps de métier indispensables est très longue .En revanche les photographes se trouvaient dans l’antichambre et se souciaient à administrer, sans que personnes leurs en demande, des calmants en forme de photographies , pour les âmes et les esprits avide de lire, de voir, de méditer sur le sort de cette humanité blessée.

En citant le passé adjacent et le futur proche, je ne pourrais rendre au « temps » ce qui est au « temps », que par un présent réel. Celui de gratitude envers les artistes qui ont pu et voulu répondre à l’invitation, qui est d’être ensemble pour un moment. Mais aussi celui de révérence, auprès des photographes qui n’ont pas pu y être.

Car demander à un photographe une à trois photographies, pour participer à une exposition collective dans des conditions particulières comme les nôtres, n’était pas une mince affaire ni pour eux ni pour moi. La légèreté du format demandé se contredisait avec la profondeur du contenue souhaité et la démarche artistique de chacun d’eux.

J’ai péché, Mea-culpa ; je les ai invités à se convertir en sujet. La limite de l’offense envers ces personnes ; de passer du noir au blanc, du chaud au froid, du déluge à la sécheresse, du révélateur au fixateur.

Sauf que l’invité est devenu hôte. Elles et ils nous ont ouvert les portes de leurs « chez soi ». Vous allez peut-être en rire, encore mieux en pleurer mais ce qui est le plus important, c’est qu’elles et ils ont fait de leurs mieux.

Je termine mon récit de cette expérience humaine par la dernière phrase que j’ai reçu dans le texte du dernier email de participation à cette exposition « Muita merda for the exhibition »

 Amine Landoulsi

Commissaire de l’exposition « Roomswith a view, à confined portrait »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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