Accueil Chroniques Le Phosphate tunisien aura-t-il encore sa place sur le marché mondial ? Cette poule aux « œufs d’or » pourra-t-elle pondre de nouveau…

Le Phosphate tunisien aura-t-il encore sa place sur le marché mondial ? Cette poule aux « œufs d’or » pourra-t-elle pondre de nouveau…

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En revenant tout juste une dizaine d’années en arrière, nous constaterons qu’en Tunisie la production et la transformation du phosphate constituaient l’un des maillons forts de l’économie du pays, avec le tourisme.

Il importante tout de même de rappeler, dans ce contexte, que la Tunisie détenait le cinquième rang des producteurs mondiaux jusqu’en 2010, avec 4 % du PIB du pays, et 10 % des exportations. Pendant toute une décennie, la Tunisie faisait partie des trois principaux fournisseurs d’engrais chimiques de l’Europe, avec le Maroc et la Russie.

Cette poule aux « œufs d’or » a arrêté de pondre, depuis la révolution du 17 Décembre 2010 / 14 Janvier 2011, s’étant confrontée aux multiples troubles sociaux qui s’étaient accentués après la fuite de Ben Ali, du fait que l’industrie tunisienne du phosphate fût en perte de vitesse, en plus des contestations en lien avec les conséquences environnementales et sanitaires de la production et du traitement du phosphate.

Ceci dit, les revendications sociales et les échauffourées ont continué, jusqu’à aujourd’hui, balançant le bassin minier de Gafsa, depuis 2011, dans des difficultés majeures.

D’ailleurs, en jetant un coup d’œil sur l’effectif global de la Compagnie des Phosphates de Gafsa et du Groupe Chimique Tunisien, on découvre que les 9 000 employés enregistrés en 2010 ont grimpé à 27 000 employés…en 2013, soit 18 000 nouveaux ouvriers en seulement trois ans !

Même si le gouvernement actuel tente, tantôt mal tantôt bien, de reprendre le dessus dans ce secteur, les mouvements sociaux, les grèves, les perturbations et autres difficultés que se mettent en travers du secteur, ne vont pas lui permettre de revenir à son passé « glorieux ».

Dans ce domaine, à l’échelle régionale et internationale, notre principal concurrent, à savoir le Maroc, s’est taillé quant à lui une toison d’or en faisant la main basse sur pratiquement la grande part du marché.

Et voici que Moscou et Riyad sont venus à leur tour à la rescousse pour bousculer Rabat sur le marché des phosphates en Afrique, en introduisant leurs sociétés respectives « PhosAgro » (Russie) et « Maaden » (Arabie saoudite), plus particulièrement en Afrique de l’Ouest, sachant que le Maroc est actuellement le Leader du très porteur marché des engrais africains, par le biais de l’Office Chérifien des Phosphates.

Nous sommes donc en droit de nous poser les questions suivantes :

-Le Phosphate tunisien aura-t-il encore sa place sur le marché mondial ?

-La Tunisie aura-t-elle au moins une petite tranche de l’immense gâteau « phosphatier » ?

-Mais d’abord, l’Etat tunisien aura-t-il l’audace nécessaire pour redorer le blason au secteur des phosphates ?

Attendons voir…

 

 

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2 Commentaires

  1. M Prud’homme

    23/06/2020 à 13:42

    Le phosphate tunisien aura une place dans marché international sous une condition de qualité et de fiabilité d’approvisionnement continu. L’Europe est un marché naturel pour la Tunisie , encore faut-il que la qualité des produits rencontre les exigences croissante de ce marché.

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