Accueil économie Adieu au campus tuniso-allemand d’envergure internationale… et voici pourquoi le Maroc attire l’investissement international et pas la Tunisie !

Adieu au campus tuniso-allemand d’envergure internationale… et voici pourquoi le Maroc attire l’investissement international et pas la Tunisie !

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L’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Slim Khalbous, a publié un long statut sur sa page officielle Facebook, en date du 11 Septembre 2020, dans lequel il a confirmé que l’Allemagne avait décidé de transférer au Maroc, le projet de l’Université allemande qu’elle envisageait d’implanter en Tunisie.

Khalbous a déclaré qu’en 2019, il avait contribué à un projet de loi présenté par le ministère du Développement et de la Coopération internationale pour faciliter les conditions de création d’une université internationale en Tunisie, soulignant que le Conseil des ministres avait approuvé le projet de loi, mais que le Parlement l’avait rejeté, malheureusement, et l’article en question a été retiré du projet de loi sous la pression d’un lobby politique populiste et de certains syndicalistes idéologiques qui rejettent le développement international du « savoir », sous prétexte d’une hypothétique perte de souveraineté nationale !

Dommage…

Nous publions ci-après le texte intégral de l’ancien ministre Slim Khalbous :

« CETTE UNIVERSITÉ AURAIT DU OUVRIR EN TUNISIE !

L’idée d’une université allemande en Tunisie a déjà été évoquée en 2013 puis a été aussitôt enterrée … Dès mon arrivée au ministère, j’ai réactivé le dossier car j’étais, et je le suis toujours, convaincu que l’introduction du système éducatif germanique serait bénéfique pour notre pays car complémentaire avec notre système d’enseignement, notamment pour développer la culture de la professionnalisation, de la formation par alternance avec l’industrie et la recherche appliquée à l’université…

En 2017, j’ai eu la chance de participer avec le CDG à une mission officielle en Allemagne et j’ai pu directement en parler avec la Chancelière Merkel et la Ministre fédérale, Johanna Wanka, en charge de l’enseignement supérieur à l’époque… C’était le démarrage effectif du projet complètement revisité et amélioré vers un « campus tuniso-allemand d’envergure internationale« .

A partir de cette rencontre, nous avons bien avancé pendant plusieurs mois sur le projet avec une équipe de travail mixte tuniso-allemande… Ainsi, en matière de formation, nous avons axé les cursus sur l’ingénierie, domaine phare du système allemand. Ce qui aurait permis de réduire les départs des étudiants tunisiens vers l’étranger en leur permettant d’obtenir un diplôme international en Tunisie. De plus, et avec l’aide de plusieurs membres du gouvernement, j’ai réussi à consacrer un terrain de 35 hectares à Ben Arous pour l’édification du campus de cette université (comme participation de l’État tunisien). D’ailleurs, aujourd’hui le terrain en question est la propriété du ministère de l’enseignement supérieur et il est toujours affecté au projet !

En dépit de ces avancées, les Allemands ont commencé petit à petit à prendre de la distance par rapport au projet lorsqu’ils ont eu connaissance de nos lois en matière d’investissement privé et étranger dans le secteur universitaire… Quand j’ai convoqué leur ambassadeur, Andreas Reinicke, pour mieux comprendre leur réticence il m’a dit clairement : «ces lois sont trop restrictives et compliquées pour nous…».

En 2019, j’avais contribué à un projet de loi déposé par le ministère du développement et de la coopération internationale pour assouplir les conditions de création d’une université internationale en Tunisie. Le conseil des ministres l’avait validée mais le parlement l’a hélas refusé et l’article en question a été retiré du projet de loi sous la pression d’un lobby politique populiste et de certains syndicalistes idéologues qui refusent le développement international du savoir sous prétexte d’une hypothétique perte de souveraineté nationale !

Or la Science n’est-elle pas universelle ? Ne se développe-t-elle pas que par le partage ? D’autant plus que dans ce cas le partage devait se faire sur notre sol, avec de surcroît un transfert de compétences et des équipes pédagogiques mixtes… Mais personne n’avait rappelé ces principes lors des débats qui étaient d’un niveau affligeant et auxquels étonnamment les initiateurs du projet de loi n’ont même pas été conviés (!)…

Voilà la vraie histoire… Et voilà pourquoi le Maroc attire l’investissement international et pas la Tunisie …

La réforme du système éducatif et universitaire doit se faire avec une réflexion de fond, des débats d’idées dépassionnés, sans idéologies populistes et une vision à long terme… Il y va de l’avenir de notre jeunesse, de nos futurs élites et de notre ancrage aux systèmes d’enseignement et de recherche les plus évolués au monde.

ربي يحفظ تونس …
SK

 

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