Accueil Politique Diplomatie L’UE tente-t-elle de gonfler le Maroc au maximum aux dépens de l’Algérie après avoir dégonflé la Tunisie ?

L’UE tente-t-elle de gonfler le Maroc au maximum aux dépens de l’Algérie après avoir dégonflé la Tunisie ?

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Le Centre européen de réflexion, un Think Tank relevant du Conseil européen des relations extérieures, a élaboré dernièrement un document dans lequel il est revenu sur l’influence et l’avenir du Maroc et de l’Algérie sur le Continent africain, indiquant à ce sujet que « L’impact du Maroc sur le continent africain devrait poursuivre son ampleur, tandis que la présence de l’Algérie au sein de l’Union africaine restera probablement faible jusqu’à l’arrivée du successeur du président algérien, Abdelaziz Bouteflika« .

Le Think Tank a ajouté dans son analyse « Bien que le Maroc soit devenu un acteur de premier plan dans la région, ce serait une erreur de sous-estimer l’impact de l’Algérie« .

Le groupe de réflexion indépendant, qui possède des bureaux dans sept capitales européennes, a déclaré que « l’influence du Maroc en Afrique est en hausse après l’adoption par le royaume d’une énorme stratégie diplomatique« . Parmi les éléments de cette stratégie marocaine figurent  »la diplomatie économique qui a permis au Maroc de devenir le plus grand investisseur africain dans le reste de l’Afrique, ainsi que les relations religieuses et culturelles établies avec ses voisins, sans oublier le long périple africain du roi Mohamed VI ».

Le rapport indique également que l’un des éléments de la stratégie est le fait que le Maroc continue à se présenter en tant que « champion des questions africaines » et sa volonté de se joindre aux cinq plus grands contributeurs de l’Union africaine, ce qui « amplifiera sa voix sur le continent africain ».

A noter que dans son rapport, intitulé  »Les frères ennemis : l’équilibre européen entre le Maroc et l’Algérie », le Conseil européen a décrit la politique étrangère du Maroc comme « une approche continentale plus proche de la ligne des priorités européennes, à la lumière du statut avancé des relations euro-marocaines dans le cadre de la politique des États européens de voisinage », en appuyant son argumentation par « une coopération étroite en matière de migration et de lutte contre le terrorisme et les négociations du Maroc avec l’Union européenne autour d’une zone franche profonde et globale ».

Le document de recherche rappelle que la question du Sahara «est au cœur des tensions contemporaines entre le Maroc et l’Algérie, mais les racines de cette compétition / conflit sont plus profondes et remontent aux mythes fondateurs de l’État-nation et aux idéologies post-coloniales» des deux pays. Le document a mis en garde les acteurs européens contre « la façon de travailler avec le Maroc et l’Algérie en Afrique ».

La nécessité d’une telle «prudence» serait justifiée par le fait que les acteurs européens, notamment la France et l’Espagne, sont moins neutres sur la question du Sahara, particulièrement après leur soutien à la proposition d’autonomie proposée par le Maroc en 2007. Le document poursuit en précisant que si ces opinions se trouveraient élargies à d’autres volets de la coopération en Afrique, l’Europe risquerait d’isoler davantage l’Algérie.  »

L’analyse a relié la santé du président algérien et la situation en Algérie au sein de l’Union africaine en disant que « Les problèmes de santé de Bouteflika signifient qu’il ne sera plus en mesure de garantir à l’Algérie la voix extraordinaire qu’elle avait au sein de l’UA« .

« Malgré ces problèmes de santé », ajoute le rapport, et « compte tenu de l’histoire de la participation algérienne sur le continent et de son importance continue dans la lutte contre le terrorisme et les scènes sécuritaires, il est peu probable que l’influence algérienne puisse être facilement vaincue ».

Le document du Think Tank européen incluait, dans un autre contexte, «une perspective européenne sur le Sahel, qui est sans aucun doute une arène où l’influence marocaine et algérienne est de grande importance».

Le document souligne que le Maroc « montre certainement qu’il a un doux pouvoir d’influence sur le Sahel », citant des exemples tels que « le programme de formation des imams des pays du Sahel lequel a attiré l’attention de l’Europe et qui s’est étendu même à certains pays européens« , malgré les questions soulevées quant à l’efficacité de ce programme, en plus « les liens économiques du Maroc avec la région se développent dans des domaines tels que le secteur bancaire, les télécommunications et l’agriculture« .

L’analyse a également évoqué la visite rendue par le ministre marocain des Affaires étrangères, Naceur Bourita, aux cinq pays du Sahel, auxquels il aurait promis « de soutenir la force interarmées par la formation et par sécurisation des frontières ».

Le rapport a rappelé que « l’Algérie et le Maroc partagent beaucoup en termes de langue, de religion, d’histoire et d’identités ethniques, et participent également à la compétition, qui est parfois « avide de pouvoir et d’influence « en Afrique.

Le Think Tank conclue que « Les deux pays vont probablement continuer à jouer un rôle important dans les progrès de l’Afrique », et a conseillé à l’UE de « continuer à être un partenaire et un interlocuteur utile pour les deux pays à la fois ».

Reconnaissons que la diplomatie est un fruit au goût amer…

Source : Hespress

Crédit photo : Bouali

 

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